Ci-gît le côté visible et invisible de la vie entière que j’ai vécue en pleine lumière ou que je vis la nuit dans l’oubli du jour, tout ce qui m’entoure : le bruit, le silence, l’attente, la beauté, la mélancolie, l’espérance, la fascination, les fantasmes, le néant, la musique que j’écoute, toutes les choses que j’entends, les scènes de films et de livres qui se sont incrustées dans ma mémoire.
Ce que je perçois du monde, les ambiances connues et inconnues mais surtout inconnues. Tout le mystère possible que peut offrir la beauté de l’illusion.

Ce moment où le temps n’existe plus et laisse place au monde caché et fragile de la rêverie où le mystère semble s’épaissir à l’infini, c’est ça qui attire toute mon attention.
Ainsi, chaque instantané arrêté dans le temps, tout ce qui marque l’esprit par une quelconque imagerie rare et exceptionnelle, toute essence de ces choses-là est collectée inconsciemment et retransmise sur le papier dans le désespoir incessant d’être capable d’en saisir toute la beauté.

“A man is less likely to become great the more he is dominated by reason…
Few can achieve greatness – and none in art – if they are not dominated by illusion.”
– Mario Panciera.

C’est que je fais ça pour côtoyer le divin et extraire ma carcasse de la terre. A chaque fois, sur le papier, avec un crayon, avec des idées, il se passe quelque chose de pur. Il y a une petite chose subtile qui murmure à l’esprit des visions et des mots, qui se laisse découvrir ou bien qui hurle toutes ses idées en une frénésie extatique parfois violente.

Tout ceci ne pourrait avoir lieu sans de bons outils adaptés. Comme il s’agit d’être rapide pour ne pas perdre la vision, j’ai choisi de m’en tenir à du simple graphite sur du papier. Il n’y a rien d’autre.
Et pour ce qui est de l’écrit, l’amour des belles choses et des mots qui résonnent suffisent. Car j’écris aussi des histoires, qui ne sont pas conventionnelles, mais ceci est une autre histoire.

“I was built with a love of the night and the unquiet coffin, that’s all.
If you disapprove, I can only shrug my shoulders. It’s what I have.”
– Stephen King (On Writing, A Memoir of the Craft).

Pour ce qui est de ma personne, je me suis formé tout seul. Je suis le produit de moi-même et des influences que je veux bien m’infliger. J’ai erré longtemps puis j’ai été amené à m’intéresser à ce que je fais actuellement par pur hasard du sort ou, appelez ça comme vous voulez, du destin.

J’ai pratiqué pendant 7 ans, individuellement et en collaboration. Les années d’alors n’étaient pas les mêmes, la jeunesse ayant pour elle qu’elle manque de recul et de maturité, l’errance et les erreurs étaient très pregnantes, la direction très faible et surtout, l’histoire personnelle pas assez riche. Aussi, je ne savais pas que je n’avais que ça.

J’ai aimé ce que j’ai fait puis j’ai détesté. Ensuite j’ai détruit, erré encore pendant 7 ans et puis j’ai aimé à nouveau, mais il était trop tard. Alors maintenant je reprends là où je m’étais arrêté en 2013.
Nous sommes en 2020 et je vous souhaite la bienvenue dans mon monde.

 

“Je ne voulais qu’essayer de vivre ce qui spontanément voulait surgir de moi.
Pourquoi était-ce si difficile ?”
– Hermann Hesse (Demian).